Voyage  l'tranger
Soumis à une pression atmosphérique inhabituelle et immobilisé dans une atmosphère confinée, le corps n’est pas insensible aux voyages en avion : jambes lourdes, nausées, oreilles bouchées… Il existe pourtant des moyens simples de les éviter. Voici 8 conseils de votre pharmacien qui feront de votre vol une agréable occasion d’évasion !

Préservez vos oreilles

  • La pression atmosphérique en cabine équivaut à celle qui règnerait à une altitude de montagne d’environ 2000 mètres, d’où une différence de pression entre l’air dans la cabine et l’air qui circule dans les sinus et les oreilles. Pour compenser, au cours du décollage, l’air s’échappe de l’oreille et des sinus, généralement sans causer de problème.
  • Lorsque l’avion redescend, la pression atmosphérique ambiante augmente graduellement. L’air fait donc le mouvement inverse, essayant de repasser dans l’oreille moyenne et les sinus. Si ce n’est pas le cas, une pression s’exerce sur les tympans, donnant parfois l’impression d’avoir les oreilles bouchées.
  • Pour en découdre, vous pouvez mettre à l’atterrissage et au décollage des « bouchons d’oreilles » mais seulement s’ils sont spécifiques à cet usage : les protections auditives spécial avion renferment en effet un filtre qui permet un échange d’air sur plusieurs minutes. Le tympan s’adapte ainsi progressivement, sans subir de choc. Sans ce type de protection, vous pouvez bâiller, avaler votre salive, mâcher un chewing-gum ou remuer la mâchoire.
  • Pour les nourrissons qui ne peuvent pas encore déglutir sur commande, l’allaitement, un biberon ou un verre d’eau peuvent aider. Si la gêne s’amplifie et/ou s’accompagne de douleurs dans les sinus et/ou les oreilles, cela peut être le signe d’une sinusite ou d’une otite. Dans un tel cas de figure, votre pharmacien vous recommande de consulter un médecin dès votre arrivée.
  • Pensez-y : Avant le départ, il est capital de soigner vos infections ORL (otite et sinusite tout particulièrement). Si vous devez voyager avec un rhume, demandez à votre médecin un décongestionnant nasal. Si vous manquez de temps, vous pouvez prendre en pharmacie un spray nasal à base d’eau de mer.
  • Attention : Les prothèses auditives doivent être débranchées au décollage et à l’atterrissage à cause des variations de pression.

Attention à votre alimentation

  • Avec l’altitude, le volume occupé par les gaz augmente. Votre pharmacien vous recommande donc d’éviter les aliments susceptibles de provoquer des ballonnements: légumes secs, choux, lait, boissons gazeuses…
  • Abstenez-vous, si possible, de prendre le café servis à bord car il est souvent très corsé.
  • Le jus d’orange peut aussi engendrer des troubles intestinaux par son acidité, surtout si vous n’avez pas l’habitude d’en boire.
  • Par ailleurs, prenez le temps de bien mastiquer vos aliments.
  • Pensez-y : l’inactivité accroît les troubles digestifs. N’hésitez pas à vous lever régulièrement de votre siège. Se dégourdir les jambes a par ailleurs d’autres avantages décrits ci-après.

Bouger pour éviter les contractures musculaires

  • Pendant le vol, étirez-vous et marchez dans l’allée centrale pour vous dégourdir les jambes, pendant au moins 5 minutes et ce, toutes les deux heures. La position assise favorise les tensions, notamment dans le dos et les cervicales. Si votre voyage dure plus de 3 heures, votre pharmacien vous recommande de prendre un appui-tête. Pour soulager vos lombaires, vous pouvez intercaler un coussin ou un petit drap plié entre le dossier de votre siège et le bas de votre dos.
  • Pensez-y : Assis sur votre siège, vous pouvez faire toutes les heures une dizaine de petites rotations des chevilles tout en pliant puis en tendant la jambe (flexion-extension). Vous faciliterez ainsi la détente musculaire et la circulation sanguine.
  • Attention : Rompre l’immobilité est important aussi pour prévenir la formation d’un caillot dans les veines, la thrombose veineuse. Elle est appelée communément “syndrome de la classe économique” à cause de l’espace restreint en cabines, bien qu’elle puisse se produire quelle que soit la classe de voyage. Pour ne pas en être victime, suivez les conseils ci-après.

Améliorer la circulation sanguine

  • La pressurisation ne facilite pas la circulation du sang. Conséquences : en avion, les jambes peuvent être lourdes et gonflées. Pire, selon l’Organisation mondiale de la santé le risque de thrombose veineuse durant un vol de plus de 4 heures a été établi, pour des sujets sains, à 1 pour 6000. Les facteurs aggravants sont notamment l’obésité, les antécédents de maladies vasculaires, la prise d’hormones (y compris les contraceptifs oraux) ou la grossesse.
  • Si vous faites partie des personnes à risque, consultez un médecin avant votre départ et portez des chaussettes, bas ou collants de contention. Ils accélèrent le retour veineux et « stoppent » les œdèmes en migration. Il en existe plusieurs modèles : demandez donc conseil à votre pharmacien.
  • Durant le vol, outre le fait de vous dégourdir les jambes régulièrement (voir plus haut), votre pharmacien vous recommande de porter des vêtements amples, de ne pas croiser vos jambes et de retirer vos chaussures à moins qu’elles soient très confortables.
  • Enfin, massez-vous les mollets régulièrement, de préférence avec une crème circulatoire. Vous en trouverez en pharmacie dans des formats pratiques à emporter en cabine. Toutes ces précautions doivent aussi s’appliquer aux longs voyages en bus, en voiture ou  en train.
  • Attention : Signalez immédiatement au personnel de bord si vous avez mal dans les jambes, que vous éprouvez du mal à respirer ou que vous ressentez une douleur thoracique pendant le voyage ou dans les heures suivant votre arrivée.
  • Pensez-y : Votre pharmacien vous recommande de boire souvent de l’eau durant le vol car la déshydratation diminue la fluidité du sang. S’hydrater est par ailleurs essentiel pour de nombreuses autres raisons que vous découvrirez plus bas.

Hydratez-vous régulièrement

  • Le taux d’humidité en cabine est très faible, généralement inférieur à 20 % alors qu’il est de plus de 60% dans l’air ambiant aux Antilles. Ainsi, l’air conditionné et sec de l’avion peut entraîner une déshydratation et assécher la peau. Votre pharmacien vous recommande donc de boire de l’eau fréquemment à raison d’un litre toutes les quatre heures. Il convient d’éviter les boissons alcoolisées car elles augmentent la déshydratation. Vous  pouvez par ailleurs appliquer une crème hydratante sur votre peau, à chaque fois que vous ressentez une sensation de tiraillement.  Des crèmes spécifiques contre le dessèchement des  muqueuses (nez et lèvre) peuvent être aussi utiles.
  • Pensez-y : Si vous portez des lentilles de contact, ôtez-les le temps du voyage car elles accentuent la sécheresse oculaire. Vous pourrez par ailleurs la combattre avec des collyres de type « larmes artificielles ». Demandez conseil à votre pharmacien.

Lutter contre le mal des transports

  • Les mouvements de l’avion peuvent donner le mal des transports ou « cinétose ». Nausées, maux de tête, vertiges et sueurs sont les symptômes du mal de l’air. Si vous en souffrez, lors de la réservation ou de l’enregistrement, pensez à demander une place au centre de l’avion car c’est l’endroit le plus stable. Vous pouvez aussi incliner votre siège le plus près possible de l’horizontale et rester immobile la tête penchée en arrière en évitant de la tourner. Evitez de prendre un repas copieux, de boire de l’alcool et des boissons gazeuses qui peuvent donner des ballonnements.
  • Pensez-y : Avec l’accord de votre médecin vous pouvez prendre, des anti-nauséeux ou des antihistaminiques, très efficaces contre le mal des transports pour leur action sur la stimulation du cerveau. Ils doivent être avalés au moins 30 minutes avant le décollage. Vous pouvez aussi recourir à l’homéopathie en prenant 5 granules de Cocculus indicus 9 CH avant le voyage,  à renouveler en cas d’apparition des symptômes au cours du vol.

Anticiper la peur

  • La peur en avion est appelée  aérodromophobie ou aviophobie.
  • Elle peut être vaincue, à condition de l’anticiper.
  • Certaines compagnies aériennes proposent des programmes de désensibilisation à cette phobie.
  • Un psychologue peut aussi vous aider à la dépasser en quelques séances.
  • Par ailleurs, un mois avant le voyage, votre pharmacien vous recommande de faire une cure de magnésium pour équilibrer votre système nerveux.
  • Il vaut mieux le choisir d’origine marine, ainsi mieux assimilé.
  • Une semaine avant le jour J, un traitement homéopathique peut aussi être efficace en prenant, 3 fois par jour, jusqu’au jour du départ, 3 granules d’Argentum nitricum 9 Ch et 3 granules d’Aconit 7 Ch.
  • D’autres spécialités homéopathiques peuvent être efficaces, selon votre type de peur, comme le Pulsatilla. Demandez conseil à un homéopathe ou à votre pharmacien.
  • Pensez-y : Une fois dans l’avion, relaxez-vous en discutant, en prenant un livre ou en regardant un film. Quelle que soit l’occupation choisie, chassez les mauvaises pensées dès qu’elles surviennent.

Des précautions particulières selon votre profil

  • Fumeurs : tous les vols étant non-fumeurs, prévoyez des substituts nicotiniques pour éviter les désagréments du sevrage forcé. Vous pouvez aussi saisir l’occasion du vol pour amorcer un arrêt  durable et volontaire. Dans tous les cas, patchs et gommes pourront vous être d’un grand secours : demandez conseil à votre pharmacien.
  • Personnes sous traitement : Si vous devez emporter vos médicaments en cabine (surtout s’ils sont liquides), gardez votre ordonnance sur vous afin de la présenter aux agents de sûreté.  En cas de diabète, n’oubliez pas de garder vos doses d’insuline et prévenez la sécurité que vous transportez seringues et médicaments.
 
  • Femmes enceintes : les vols sont généralement autorisés jusqu’à la fin du 8ème mois (à vérifier avec votre compagnie aérienne et votre médecin). Un accord médical préalable auprès de la compagnie est requis si la date de retour se situe au-delà de la fin du 8ème mois. Votre pharmacien vous conseille toutefois  de demander à votre médecin un certificat médical de non-contre-indication précisant le terme de la grossesse. Il vous recommande aussi de porter un bas de contention à partir du 3ème mois de grossesse.
En suivant ces conseils, votre voyage sera plus agréable. Votre pharmacien vous souhaite d’excellentes vacances et un bon vol !