Donna con sinusite o allergia, rinite
Généralement anodine, la sinusite n’est cependant pas à prendre à la légère, notamment si les symptômes persistent au-delà de quelques semaines.

RHUME ET SINUSITE, MÊME COMBAT ?

  • Le rhume, ou rhinopharyngite, correspond à une infection de la muqueuse nasale, la plupart du temps d’origine virale.
  • « Quand l’infection augmente et qu’elle atteint les sinus, à ce moment-là on parle de sinusite », indique le Dr Dinh-Qui Nguyen, chirurgien ORL à Paris.
  • Bien que majorés dans la sinusite, les symptômes sont donc globalement similaires à ceux du rhume. Classiquement, les ORL décrivent 5 signes associés à la sinusite : la douleur au niveau du sinus, le mouchage purulent, les céphalées, la fièvre et l’obstruction nasale. Si, comme le rhume, la sinusite est dans la majorité des cas d’origine virale, elle peut parfois se compliquer d’une surinfection bactérienne. « Normalement, un virus part tout seul en 3 ou 4 semaines, indique le Dr Nguyen. Le traitement d’une sinusite virale est donc uniquement symptomatique et repose sur la prise d’antalgiques pour calmer la douleur. Si la sinusite se prolonge ou que les symptômes s’aggravent, c’est certainement qu’il y a une surinfection bactérienne », ajoute le médecin. Le traitement consiste alors souvent en une cure d’antibiotiques adaptée, la plus brève possible, associée au traitement symptomatique.

SINUSITE ET DENTS : QUEL RAPPORT ?

  • Bien que dans la plupart des cas, la sinusite soit une conséquence du rhume, elle peut également avoir d’autres causes. Par exemple, il existe des sinusites d’origine dentaire. Un bref rappel d’anatomie nous permet de comprendre le lien : les racines des dents maxillaires supérieures sont en contact étroit avec les sinus maxillaires situés derrière les pommettes. Toute infection de la dent est ainsi susceptible de remonter aux sinus. « On reconnaît généralement une sinusite d’origine dentaire par la présence d’une atteinte unilatérale et localisée uniquement au niveau du sinus maxillaire », explique le Dr Nguyen.
  • Une douleur dentaire associée à la sinusite ou des soins dentaires antérieurs peuvent également faire suspecter une sinusite d’origine dentaire.
  • Ce type de sinusite est plus susceptible de nécessiter une opération, car l’infection, d’emblée bactérienne puisque le foyer infectieux est déjà installé, peut se montrer tenace malgré des soins dentaires appropriés et la prise d’antibiotiques. Ainsi, même si le traitement médicamenteux est toujours privilégié par rapport à la chirurgie, dans certains cas, un drainage chirurgical du pus peut s’avérer indispensable.

LES SINUSITES CHRONIQUES

  • Mais la chirurgie des sinus est surtout indiquée en cas de sinusite chronique. « Une sinusite est dite chronique si elle dure plus de 12 semaines ou si les signes sinusiens persistent tout au long de l’année », indique le Dr Dinh Qui Nguyen. La réalisation d’un scanner des sinus peut aider à détecter la présence anormale d’un corps étranger, champignon ou saleté dans les sinus, qu’il faudra alors enlever au cours d’une intervention chirurgicale d’une petite heure sous anesthésie générale. Certains individus sont plus à risque de sinusites chroniques. C’est le cas, entre autres, des personnes atteintes de polypose naso-sinusienne, une affection caractérisée par la présence de polypes dans le nez et les sinus. L’obstruction des sinus par les polypes constitue un terrain propice à l’inflammation. « La chirurgie a pour objectif de retirer les polypes, mais également d’ouvrir les sinus afin d’augmenter l’efficacité du traitement médical qui consiste notamment en une pulvérisation nasale de corticoïdes », explique le Dr Nguyen. Les allergies peuvent également favoriser les sinusites chroniques. L’inflammation déclenchée par l’allergène a pour conséquence de faire gonfler les muqueuses. Résultat, le mucus s’évacue moins bien et stagne, ce qui crée un espace propice à la prolifération bactérienne.
  • En résumé, même si la sinusite est la plupart du temps banale et se résorbe d’elle-même en quelques jours ou semaines, certaines situations peuvent nécessiter une intervention chirurgicale, notamment en cas d’infection bactérienne résistante aux antibiotiques. D’autre part, il ne faut pas sous-estimer les complications, qui peuvent être graves. « Heureusement, les septicémies ou les abcès du cerveau sont aujourd’hui très rares, grâce à une meilleure prise en charge », déclare le Dr Nguyen. Si la sinusite perdure au-delà de 3-4 semaines, il faut impérativement consulter un ORL, qui sera à même d’évaluer l’état de la situation.

PRÉVENIR LES SINUSITES

  • Des gestes simples peuvent être adoptés pour éviter de contaminer son entourage en cas de rhume ou sinusite.
  • En effet, les infections virales sont très contagieuses : le virus peut se transmettre par contact direct via des gouttelettes de salive ou indirect par l’intermédiaire d’objets ou mouchoirs contaminés.
  • Il est recommandé d’utiliser un mouchoir jetable pour éternuer puis de le jeter immédiatement dans une poubelle avant de se laver les mains au savon.
  • Enfin, pour minimiser les risques d’attraper un rhume ou une sinusite, un lavage des mains régulier est conseillé, notamment après avoir pris les transports, en rentrant à la maison et avant de cuisiner. Par ailleurs, mieux vaut éviter les atmosphères chaudes et sèches, qui ont tendance à fragiliser les muqueuses. Pensez à bien aérer votre chambre !

LE CONSEIL DE VOTRE PHARMACIEN

  • LES ANTI-INFLAMMATOIRES SONT À MANIER AVEC PRÉCAUTION !
Les anti-inflammatoires type aspirine ou ibuprofène sont à manier avec précaution. S’ils sont efficaces contre les symptômes de la sinusite, notamment la douleur, il ne faut pas oublier qu’ils ont pour rôle de diminuer les défenses immunitaires. Son système immunitaire ainsi ébranlé, l’organisme est donc plus vulnérable aux infections, voire aux surinfections. Avant de prendre un anti-inflammatoire en automédication, il est conseillé d’en parler avec votre médecin ou votre pharmacien. « Quand on prescrit un anti-inflammatoire, c’est que les symptômes sont très importants, rapporte le Dr Dinh-Qui Nguyen. Par ailleurs, on démarre toujours un antibiotique 2 ou 3 jours avant pour anticiper la baisse des défenses immunitaires. »